{"id":707,"date":"2023-12-01T14:07:23","date_gmt":"2023-12-01T13:07:23","guid":{"rendered":"https:\/\/cirppa.fr\/?page_id=707"},"modified":"2023-12-01T14:19:53","modified_gmt":"2023-12-01T13:19:53","slug":"cahier-n2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/cahier-n2\/","title":{"rendered":"Cahier n\u00b02"},"content":{"rendered":"<p>[et_pb_section fb_built=\u00a0\u00bb1&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb custom_padding=\u00a0\u00bb10px||20px|||\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_row _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb custom_padding=\u00a0\u00bb||7px|||\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_post_title meta=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb featured_image=\u00a0\u00bboff\u00a0\u00bb _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb text_orientation=\u00a0\u00bbcenter\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][\/et_pb_post_title][\/et_pb_column][\/et_pb_row][et_pb_row column_structure=\u00a0\u00bb1_4,3_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb custom_padding=\u00a0\u00bb17px|||||\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb1_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_text _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb]<\/p>\n<ul>\n<li>Nouvelles de l&rsquo;association<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/cahiers-du-cirppa\/\">Cahiers du CIRPPA<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/textes-membres\/\">Espace membres \u2022 textes<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][et_pb_column type=\u00a0\u00bb3_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_text _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p><strong>Journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude \u2013 14-15 d\u00e9cembre 2013<\/strong><\/p>\n<p>Psychanalyse et groupes d\u2019enfants au cin\u00e9ma<\/p>\n<p><strong>Ouverture.<\/strong><span>\u00a0<\/span>Jean-Bernard Chapelier\u00a0<br \/>Peter Pan et les enfants perdus par Annette Fr\u00e9javille et Kathleen Kelley\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><strong>Film :<\/strong><span>\u00a0<\/span><em>Peter Pan et les enfants perdus<\/em><span>\u00a0<\/span>de Paul J. Hogan. 2003.\u00a0\u00a0<br \/><strong>Livre :<\/strong><span>\u00a0<\/span>K. Kelley. Peter Pan ou l\u2019enfant triste, Calmann L\u00e9vy,1992.\u00a0<\/p>\n<p>Les conf\u00e9renci\u00e8res alternent les r\u00e9cits de l\u2019histoire de Peter Pan, de celle de l\u2019auteur J.M. Barrie et l\u2019\u00e9tude de certaines s\u00e9quences du film.\u2028Annette Fr\u00e9javille conte Peter Pan et les s\u00e9quences choisies du film de J.Hogan. Peter Pan est l\u2019enfant qui refuse de grandir, qui veut vivre sans entrave, sans diff\u00e9rencierl\u2019imaginaire et la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][et_pb_row _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_column type=\u00a0\u00bb4_4&Prime; _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb][et_pb_text _builder_version=\u00a0\u00bb4.23&Prime; _module_preset=\u00a0\u00bbdefault\u00a0\u00bb global_colors_info=\u00a0\u00bb{}\u00a0\u00bb]<\/p>\n<p>Il est le capitaine des gar\u00e7ons perdus, ceux qu\u2019on a pas su porter et qui sont tomb\u00e9s de leur landau, et s\u2019ils veulent grandir, il les tue. Wendy est une fille \u00e0 l\u2019or\u00e9e de l\u2019adolescence, elle fascine ses petits fr\u00e8res en leur racontant des histoires fantastiques. Nana, la chienne, est la nurse de Wendy et ses fr\u00e8res. Une tante de passage d\u00e9voile aux parents leur infantilisme et les enjoint de changer leur attitude, surtout vis \u00e0 vis de Wendy qui devient adolescente (la preuve en est la marque du baiser au coin de sa bouche) et doit se\u00a0destiner \u00e0 devenir une femme. Nana est donc attach\u00e9e \u00e0 sa niche et destitu\u00e9e de sa fonction de nurse. Les enfants sont sans protection. C\u2019est alors que Peter Pan, revenu chercher son ombre\u00a0oubli\u00e9e lors d\u2019un pr\u00e9c\u00e9dent passage, rencontre Wendy : la s\u00e9duction est r\u00e9ciproque mais repose sur un quiproquo : Wendy attend l\u2019amoureux qui viendrait illuminer le baiser du coin\u00a0de sa bouche, Peter Pan recherche une m\u00e8re pour les gar\u00e7ons perdus et croit l\u2019avoir trouv\u00e9 apr\u00e8s que Wendy lui ait recousu son ombre au corps\u2026 Wendy accepte de suivre Peter Pan et\u00a0emm\u00e8ne ses fr\u00e8res au pays du \u00abNeverland \u00bb. Ce pays est peupl\u00e9\u00a0des f\u00e9es aux comportements ambigu\u00ebs, gentilles et m\u00e9chantes, en particulier\u00a0Clochette, des m\u00e9chants ( le capitaine Crochet et ses pirates qui attaquent les gar\u00e7ons perdus, les Peaux-Rouges qui attaquent les pirates, les animaux sauvages -en\u00a0particulier le crocodile- qui attaquent les Peaux-Rouges), des sir\u00e8nes attirantes et dangereuses,\u00a0L\u2019ambivalence de Wendy, entre fillette, femme et m\u00e8re, l\u2019insistance de Peter Pan \u00e0 la cantonner \u00e0 la fonction maternelle font qu\u2019elle veut rentrer chez ses parents avec ses fr\u00e8res\u2026ce qui entraine plusieurs combats\u2026\u2028\u2028Kathleen Kelley , s\u2019appuyant sur son livre, conte la vie de l\u2019auteur et l\u2019articule \u00e0 l\u2019histoire de Peter Pan. L\u2019auteur, J.M. Barrie, est le 9\u00b0 enfant et 3\u00b0 gar\u00e7on d\u2019une famille de\u00a0tisserands. Un des ses fr\u00e8res (David) meurt \u00e0 12 ans, alors que lui en a 6. Sa m\u00e8re sombre dans une profonde d\u00e9pression dont il tentera en vain de la sortir, allant jusqu\u2019\u00e0 porter les\u00a0habits de son fr\u00e8re. Comment alors d\u00e9passer 12 ans ? Fantasmerait-il d\u2019\u00eatre le compl\u00e9ment de sa m\u00e8re \u2013 dans ce pays du never neverland- sans passer par les identifications \u00e0 son p\u00e8re ? Il \u00e9crit de nombreuses \u0153uvres dont trois versions de Peter Pan : Peter Pan or the boy who would not grow up, Peter Pan in Kensington Gardens, Peter and Wendy . Dans sa tentative\u00a0de remplacer son fr\u00e8re mort, \u00ab de devenir lui \u00bb \u00ab le double n\u2019est pas vraiment un double mais le m\u00eame du m\u00eame \u00bb, c\u2019est un double pathologique qui supprime la possibilit\u00e9 de l\u2019objet, de\u00a0l\u2019autre\u2026\u2028Plus \u00e9trange encore les liens de l\u2019auteur avec la famille Llewelyn Davies : J.M. Barrie\u00a0\u00a0rencontre les trois gar\u00e7ons de cette famille dans le jardin de Kensington, il se lie d\u2019amiti\u00e9 avec eux, est introduit dans la famille, devient tr\u00e8s ami avec leur m\u00e8re, les invite aux premi\u00e8res de\u00a0ses repr\u00e9sentations. Le p\u00e8re des enfants, dans une lettre \u00e0 son propre p\u00e8re, dit son malaise, son sentiment d\u2019\u00eatre court-circuit\u00e9 mais comment se d\u00e9fendre quand il n\u2019y a que gentillesse de la\u00a0part de J.M. Barrie ? Peu de temps apr\u00e8s cette lettre, il d\u00e9clare une maladie dont il meurt rapidement. J.M. Barrie soutient la famille et subvient \u00e0 ses besoins ; il propose \u00e0 Mme\u00a0Llewelyn Davies de l\u2019\u00e9pouser, ce qu\u2019elle refuse. Elle-m\u00eame meurt, trois ans apr\u00e8s son mari, et J.M. Barrie devient, \u00e0 la demande de leur m\u00e8re, tuteur des enfants ainsi que deux oncles\u00a0maternel et paternel\u2026 le destin des trois enfants sera tout aussi n\u00e9faste : l\u2019un meurt en 1915, dans la premi\u00e8re guerre mondiale, l\u2019autre en 1921 par noyade avec un de ses amis et avant son\u00a021\u00b0anniversaire, le dernier meurt \u00e0 63 ans en se jetant sous une rame de m\u00e9tro.<\/p>\n<p>Discussion: La discussion cherche \u00e0 cerner de plus pr\u00e8s le rapport de ces textes avec les groupes? Nous \u00e9voquons et d\u00e9veloppons la proximit\u00e9 des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019histoire de Peter Pan avec les processus de l\u2019originaire au sens de la m\u00e9tapsychologie\u00a0 de P. Aulagnier (1981) :<br \/>&#8211; Sp\u00e9cularit\u00e9 et ph\u00e9nom\u00e8ne du double, recherche de contenant (les gar\u00e7ons tomb\u00e9s du landau qui cherchent une m\u00e8re, un contenant),<br \/>\u00a0&#8211; Auto\u00a0-engendrement d\u2019un monde diff\u00e9rent, bien \u00e0 soi, clos sur lui-m\u00eame :\u00a0un groupe,<br \/>&#8211; Refus du diff\u00e9rent, recherche du m\u00eame (ceux qui veulent grandir sont tu\u00e9s), toute-puissance de la pens\u00e9e,<\/p>\n<p>La place de la narrativit\u00e9 est remarquable : trouver une histoire o\u00f9 loger la sienne, qui peu \u00e0 peu va construire celle du groupe et conduire chacun \u00e0 articuler sa propre subjectivit\u00e9 \u00e0 cette histoire, en transformant in\u00e9vitablement l\u2019une et l\u2019autre (Wendy et ses fr\u00e8res d\u00e9cideront de rentrer), processus que nous retrouvons dans tous les groupes de psychoth\u00e9rapie.\u00a0<br \/>Visionner des s\u00e9quences de film, penser Peter Pan et son adolescence prolong\u00e9e, se pencher sur la vie de l\u2019auteur et ses rapports avec son \u0153uvre ont vivement int\u00e9ress\u00e9 lesauditeurs qui en remercient les conf\u00e9renci\u00e8res.\u00a0<br \/>Pierrette Laurent.<\/p>\n<p><strong>Aspects groupaux d\u2019une cour de r\u00e9cr\u00e9ation. Herv\u00e9 Chapelli\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0Film : R\u00e9cr\u00e9ation de Claire Simon.<\/p>\n<p><strong>A propos du film \u00ab\u00a0R\u00e9cr\u00e9ations \u00a0\u00bb de Claire Simon. Didier Chaulet<\/strong><br \/><strong>\u00a0<\/strong><br \/>\u00a0Deux remarques sur la s\u00e9quence montrant les sanglots d&rsquo;une petite fille qui n&rsquo;arrive pas \u00e0 sauter du banc comme les copines.\u00a0<br \/>1) La sc\u00e8ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un mini drame caract\u00e9ris\u00e9 par une certaine relation \u00e0 la souffrance et au malheur. Devant ces images, c\u00f4t\u00e9 public, on est pris par un certain\u00a0nombre de sentiments et d&rsquo;\u00e9motions, rappelant ainsi combien la position du spectateur est participative. (Cf. dans les groupes th\u00e9rapeutiques, la pr\u00e9sence de l&rsquo;adulte parfois connot\u00e9 d&rsquo;un\u00a0simple regard. Ou encore, ces enfants en apparence inactifs et muets, mais qui sont des partenaires \u00e0 part enti\u00e8re de ce qui se passe dans la s\u00e9ance, produisant eux-m\u00eames un travail\u00a0psychique en interaction sur les autres).<\/p>\n<p>Cette clinique du spectateur, Freud s&rsquo;y est int\u00e9ress\u00e9 dans son article \u00ab\u00a0Personnages psychopathiques \u00e0 la sc\u00e8ne\u00a0\u00bb . Le texte porte sur le th\u00e9\u00e2tre, mais on peut s&rsquo;autoriser un\u00a0rapprochement dans la mesure o\u00f9 cette cour de r\u00e9cr\u00e9ation peut \u00eatre vue comme un lieu o\u00f9 la vie des enfants se joue autrement , avec une dramaturgie entretenue par l&rsquo;habilet\u00e9 du montage\u00a0de la r\u00e9alisatrice.\u00a0La question que pose Freud est la suivante ; \u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce qui peut nous amener \u00e0 \u00e9prouver de la crainte ou de la piti\u00e9 pour les acteurs d&rsquo;une pi\u00e8ce ?\u00a0\u00bb. (la crainte, est ce qui fait peur pour soi. la piti\u00e9, est la peur pour quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre). Autrement dit, qu&rsquo;est-ce qui nous fait glisser de notre place de spectateur, pour en quelque sorte faire partie de la sc\u00e8ne qui se d\u00e9roule sous nos\u00a0yeux ? M\u00eame s\u2019il s\u2019agit de l&rsquo;identification au protagoniste du drame, encore faut-il en d\u00e9gager les conditions..<\/p>\n<p>&#8211; La premi\u00e8re condition, est que la piti\u00e9 \u00e9prouv\u00e9e ne peut concerner le corps en tant que tel. Si on se met \u00e0 la place de celui qui souffre dans son corps, toute activit\u00e9 psychique est\u00a0interrompue (cf. le moment o\u00f9 la petite fille se plaint de brulures aux jambes). La souffrance\u00a0\u00a0physique est donc avanc\u00e9e comme une limite, seul l&rsquo;aspect psychologique du drame peut \u00eatre retenu.<\/p>\n<p>&#8211; La deuxi\u00e8me condition;, &lsquo;est qu&rsquo;il faut une action, une dynamique et donc un conflit.\u00a0<br \/>Un conflit entre une motion refoul\u00e9e et une motion consciente.( \u00ab\u00a0Je crois que c&rsquo;est dans ma t\u00eate\u00a0\u00bb dit la petite fille qui pleure sur son incapacit\u00e9 \u00e0 sauter du banc, contrairement au groupe de copines qui l&rsquo;entourent. A ce titre elle se d\u00e9marque d\u00e9j\u00e0 des autres. Mais quelle ambition se cache derri\u00e8re cette plainte ? Au passage on l&rsquo;entend faire une critique sur le saut d\u00e9cevant de\u00a0sa voisine !). Et le spectateur ne peut ressentir une \u00e9motion (Freud reprend la notion de catharsis introduite par Aristote) que s\u2019il y a mise \u00e0 nue d&rsquo;une motion inconsciente, mais sous la condition que notre attention soit d\u00e9tourn\u00e9e. C&rsquo;est \u00e0 dire que si, dans le m\u00eame mouvement, la repr\u00e9sentation fait naitre chez le spectateur, r\u00e9sistance et plaisir (jouissance dans le texte).\u00a0<\/p>\n<p>2) La sc\u00e8ne peut \u00eatre regard\u00e9e dans sa dimension psychomotrice, en se r\u00e9f\u00e9rant aux id\u00e9es de A.Bullinger sur la construction des diff\u00e9rents espaces corporels. Pour cet auteur, \u00ab\u00a0On\u00a0n&rsquo;apprend pas \u00e0 l&rsquo;enfant, on lui donne des appuis\u00a0\u00bb est l&rsquo;aphorisme qui soutient cette th\u00e9orie du d\u00e9veloppement sensori-moteur.De ce point de vue la difficult\u00e9 que rencontre la petite fille pour se risquer \u00e0 sauter du banc, concernerait sa maitrise de l&rsquo;espace du buste (le plan sagittal qui d\u00e9finit l&rsquo;arri\u00e8re et l&rsquo;avant du\u00a0corps). Chez elle, l&rsquo;arri\u00e8re fond semble tout \u00e0 fait assur\u00e9. On la voit \u00e0 plusieurs reprises se poster de dos contre le mur (cf.les patterns de v\u00e9rifications de M.Malher), une autre petite fille\u00a0 vient d&rsquo;ailleurs la prendre gentiment dans ses bras, en lui appliquant l\u00e0 encore les mains sur son dos, comme pour mieux la rassurer. En revanche toute son inhibition porte sur l&rsquo;investissement de l&rsquo;espace avant \u00ab\u00a0je crois que c&rsquo;est dans ma t\u00eate\u00a0\u00bb serait ici le t\u00e9moignage d&rsquo;une repr\u00e9sentation anticip\u00e9e. Elle a le saut dans sa t\u00eate, mais sans l&rsquo;exp\u00e9rience sensorielle, ni\u00a0les rep\u00e8res moteurs du sch\u00e8me projection-r\u00e9ception avant. Voir sa fa\u00e7on maladroite et p\u00e9rilleuse de descendre du banc. Il lui faut donc attendre l&rsquo;offre d&rsquo;un appui concret dans ce\u00a0plan ant\u00e9rieur, c&rsquo;est \u00e0 dire les deux mains que lui tend une copine positionn\u00e9e en face d&rsquo;elle. Et ce sera son premier essai gagnant depuis le muret en contrebas, avant la r\u00e9ussite compl\u00e8te du\u00a0saut. Un saut final pr\u00e9par\u00e9 en tenant de chaque c\u00f4t\u00e9 la main de deux petites amies, mais c&rsquo;est bien la main qui compte qu&rsquo;elle gardera serr\u00e9e pendant son envol (l&rsquo;autre main est l\u00e2ch\u00e9e),\u00a0c&rsquo;est \u00e0 dire celle de l&rsquo;enfant qui lui avait donn\u00e9 un appui dans l&rsquo;espace du devant.<\/p>\n<p>Le dernier point \u00e0 relever est aussi la sonnerie de la cloche marquant la fin de la r\u00e9cr\u00e9ation. Ce rappel du monde adulte qui vient imposer l&rsquo;urgence (c&rsquo;est le moment ou jamais) de pouvoir enfin se reconna\u00eetre pair parmi ses pairs.<br \/>\u00a0Freud S.(1905)\u00a0\u00bbPersonnages psychopathiques \u00e0 la sc\u00e8ne \u00ab\u00a0in Freud et la cr\u00e9ation litt\u00e9raire[p.22-30] PUF. coll. Quadrige 2010<\/p>\n<p><strong>L\u2019impossible soci\u00e9t\u00e9 d\u2019enfants, Jean-Bernard CHAPELIER<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0Film : Sa majest\u00e9 des mouches, Peter Brook\u00a0<\/p>\n<p><u>\u00ab Offrande aux puissances obscures \u00bb Vie affective des groupes \u00e0 la latence \u00e0 partir du roman\u00a0\u00ab Sa majest\u00e9 des mouches \u00bb (Lord of the flies) de W.Golding. Par J.B. Chapelier<\/u><\/p>\n<p>\u00a0Avant propos sur la r\u00e9alisation du film :\u00a0<\/p>\n<p>Nous sommes en 1961. Peter Brook, \u00e2g\u00e9 de 36 ans, compte pourtant \u00e0 son actif pr\u00e8s de deux d\u00e9cennies de carri\u00e8re de metteur en sc\u00e8ne de th\u00e9\u00e2tre. Un peu lass\u00e9, il a tr\u00e8s envie de revenir \u00e0 sa premi\u00e8re passion, le cin\u00e9ma. Il va se consacrer enti\u00e8rement durant deux ann\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9paration puis \u00e0 la r\u00e9alisation du film Sa Majest\u00e9 des Mouches.<br \/>\u00a0Peter Brook voit imm\u00e9diatement que Golding avait choisi de parler de l\u2019humanit\u00e9, \u00e0 travers l\u2019histoire d\u2019enfants ordinaires et reconnaissables. Il pense pouvoir apporter quelque chose de\u00a0plus \u00e0 l\u2019\u00e9criture de Golding : la possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9tablir un lien suppl\u00e9mentaire avec le spectateur, par le fait de vrais enfants. Une question le fascine : comment combiner la r\u00e9alit\u00e9\u00a0visible dans l\u2019image avec l\u2019invisible contenu dans le roman, ce qui est dissimul\u00e9 ou laiss\u00e9 \u00e0 la libre imagination du lecteur.\u00a0Il va faire preuve d\u2019une sobri\u00e9t\u00e9 exemplaire et nous interroge avec acuit\u00e9 sur les fondements m\u00eames de nos civilisations.<\/p>\n<p>Peter Brook d\u00e9cide d\u2019acheter les droits. H\u00e9las, les studios Ealing en avaient d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019acquisition pour 2000 livres et commandit\u00e9 une adaptation pour la t\u00e9l\u00e9vision. Renseign\u00e9 par des amis, il garde l\u2019espoir de r\u00e9aliser son film. En effet, la Ealing remet les droits en vente pour 18 000 livres. Peter Brook se pr\u00e9cipite chez le producteur Sam Spiegel, et Il lui\u00a0pr\u00e9cise qu\u2019il veut uniquement un peu d\u2019argent, pas de sc\u00e9nario, des gosses, une cam\u00e9ra et une plage. Sam Spiegel trouve l\u2019id\u00e9e formidable et se lance dans la pr\u00e9paration. Mais le\u00a0\u00a0<br \/>producteur imagine une \u00e9pop\u00e9e avec filles et gar\u00e7ons, enrichie de mille aventures, de nature \u00e0 assurer un immense succ\u00e8s mondial. Peter Brook voit son projet lui \u00e9chapper compl\u00e8tement. C\u2019est alors que la Columbia s\u2019affole et juge que c\u2019est trop risqu\u00e9 pour un film sur des enfants. Spiegel abandonne le projet. Un jeune producteur, Lewis Allen, soumet \u00e0\u00a0Brook l\u2019id\u00e9e d\u2019un financement modeste mais r\u00e9alisable. Le d\u00e9sir de faire un film \u00e0 petit budget qu\u2019avait exprim\u00e9 Brook est rejoint par la n\u00e9cessit\u00e9. Il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 trouver une<br \/>trentaine de gamins anglais (il auditionne pr\u00e8s de trois mille) volontaires pour une originale colonie de vacances \u00e0 L\u2019\u00eele Vieques proche de Porto Rico (mise \u00e0 sa disposition\u00a0gracieusement), pour tourner le film avec un chef op\u00e9rateur, Tom Hollyman, venu de la photographie, et une \u00e9quipe technique compos\u00e9e essentiellement d\u2019amateurs. Peter Brook\u00a0d\u00e9cide qu\u2019il laissera les enfants improviser \u00e0 partir de l\u2019histoire de Golding, comme il l\u2019avait souhait\u00e9 depuis le d\u00e9but. Ceux des parents qui avaient tenu \u00e0 accompagner leur prog\u00e9niture\u00a0feront la cuisine et s\u2019occuperont des v\u00eatements. Le temps de tournage tr\u00e8s r\u00e9duit pousse Brook \u00e0 faire appel \u00e0 un deuxi\u00e8me cam\u00e9raman (son ami Gerry Feil) afin de couvrir chaque\u00a0s\u00e9quence. Tandis que Brook travaille pr\u00e9cis\u00e9ment chaque cadre avec Tom Hollyman, Feil a juste pour instruction de filmer comme il le peut ce qui se passe sous sa cam\u00e9ra. Au montage,Brook se rend compte qu\u2019il choisit en grande majorit\u00e9 les prises de ce dernier. A la minutieuse pr\u00e9paration des cadres et du mouvement des acteurs, il pr\u00e9f\u00e8re la libert\u00e9 de\u00a0regard de Feil. Cependant, Brook a pr\u00e9par\u00e9 le terrain \u00e0 cette d\u00e9couverte tardive : pendant le tournage, il demande \u00e0 ses jeunes acteurs d\u2019improviser et tourne ainsi pr\u00e8s de soixante\u00a0heures de film. La pr\u00e9sence d&rsquo;une seconde cam\u00e9ra ne trouve pas sa seule justification dans les raisons pratiques invoqu\u00e9es mais bien dans le projet artistique du cin\u00e9aste. Cette m\u00e9thode de\u00a0travail montre la fa\u00e7on dont Brook souhaite (et ce, d\u00e8s le d\u00e9but de sa carri\u00e8re) s\u2019\u00e9loigner du cin\u00e9ma de studio traditionnel et trouve son inspiration dans le cin\u00e9ma direct qui prend son essor dans les ann\u00e9es 60. Sa Majest\u00e9 des mouches poss\u00e8de ainsi la force d\u2019un document brut pris sur le vif. Class\u00e9 X, le film ne pourra \u00eatre vu par les jeunes acteurs qu\u2019\u00e0 l\u2019occasion d\u2019une\u00a0s\u00e9ance priv\u00e9e organis\u00e9e par le\u00a0r\u00e9alisateur.\u00a0<br \/>Avant propos extrait du dossier 178 du CNC.<\/p>\n<p>Introduction<\/p>\n<p>Il y a toujours quelques difficult\u00e9s \u00e0 utiliser des \u0153uvres litt\u00e9raires pour justifier ou m\u00eame \u00e9laborer la th\u00e9orie psychanalytique, fut-elle de groupe. Et ceci pour plusieurs raisons :-du point de vue individuel, nous n\u2019avons acc\u00e8s qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9laboration secondaire de l\u2019\u00e9crivain (nous n\u2019avons pas comme en analyse les associations libres et le cadre qui g\u00e9n\u00e8re la r\u00e9gression). L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019inconscient se fait par une d\u00e9structuration du langage et des liens secondaris\u00e9s, ce qui n\u2019est pas le cas pour toute \u0153uvre \u00e9crite (hormis les recherches sur\u00a0l\u2019\u00e9criture comme J.Joyce dans \u00ab Finnegans Wake \u00bb, ou \u00ab l\u2019\u00e9criture automatique \u00bb des Surr\u00e9alistes)<\/p>\n<p>-du point de vue groupal, nous sommes confront\u00e9 plus aux fantasmes et conceptions internes de l\u2019auteur, ce qui nous renseigne sur sa groupalit\u00e9 interne, mais ne peut pas suffire \u00e0 faire de son r\u00e9cit un document clinique.<br \/>Pourtant le texte litt\u00e9raire que je vais utiliser \u00ab Lord of the flies \u00bb (\u00ab Sa-Majest\u00e9-des- mouches \u00bb) m\u2019a beaucoup impressionn\u00e9 par la similitude qu\u2019il pr\u00e9sente entre les m\u00e9canismes\u00a0<br \/>psychiques et groupaux d\u00e9crits et ceux que je rencontrais dans les groupes th\u00e9rapeutiques avec les enfants \u00e0 l\u2019\u00e2ge de la latence. Bien que nous ne laissions pas les enfants aller jusqu\u2019au\u00a0meurtre, la violence qui se d\u00e9veloppe dans les groupes d\u2019enfants de cet \u00e2ge, au regard par exemple de l\u2019exp\u00e9rience que j\u2019ai acquise (contre toute attente) avec les adolescents, m\u2019a\u00a0convaincu que sans l\u2019encadrement social et la pr\u00e9sence des adultes, les groupes d\u2019enfants \u00e0 la latence pourraient aller jusqu\u2019aux extr\u00e9mit\u00e9s d\u00e9crites par W.Golding. L\u2019hypoth\u00e8se que je\u00a0voudrais soutenir est la suivante : \u00e0 la latence, la d\u00e9pendance au groupe familial et social emp\u00eache une r\u00e9elle int\u00e9riorisation des r\u00e8gles qui r\u00e9gissent l\u2019instauration du social (ce que l\u2019on\u00a0\u00a0pourrait nommer la socialit\u00e9). En cons\u00e9quence, la lib\u00e9ration de la pulsionnalit\u00e9 et l\u2019affaiblissement des rep\u00e8res identitaires qui sont des m\u00e9canismes propres \u00e0 tout groupe, viennent attaquer le processus de la latence en mettant \u00e0 mal le moi et le narcissisme encore fragile et en \u00e9rodant le surmoi \u0153dipien en renfor\u00e7ant son versant archa\u00efque. La pr\u00e9sence de\u00a0l\u2019adulte est n\u00e9cessaire pour se substituer aux carences des fonctions de r\u00e9gulation de l\u2019appareil psychique. Au fond, je voudrais d\u00e9fendre l\u2019id\u00e9e qu\u2019il ne peut y avoir de soci\u00e9t\u00e9 ou\u00a0\u00a0groupes sociaux supportable qu\u2019apr\u00e8s l\u2019adolescence, et que des soci\u00e9t\u00e9s d\u2019enfants \u00e0 la latence seraient peu viables (sans la pr\u00e9sence d\u2019adultes ou d\u2019adolescents).\u00a0<br \/>Je vais donc me servir de la fiction de W.Golding pour \u00e9tudier les groupes naturels \u00e0 la latence. En effet, pour \u00e9crire ce livre, il s\u2019est bas\u00e9 sur :\u00ab Ses observations de la nature\u00a0humaine en \u00e9tudiant pendant huit ans, ces \u00e9l\u00e9ments de base \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 ils se r\u00e9v\u00e8lent sans artifice : c\u2019est \u00e0 dire dans les jeux des enfants\u00bb.\u00a0<br \/>Ceci ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019organiser son roman comme une fable philosophique dont la finalit\u00e9 est de montrer que : \u00ab la responsabilit\u00e9 du d\u00e9sordre dont souffre le monde actuellement n&rsquo;incombe ni \u00e0 une classe, ni \u00e0 une nation, ni \u00e0 un syst\u00e8me : ce d\u00e9sordre n&rsquo;est que la reproduction &#8211; sur une plus grande \u00e9chelle &#8211; des r\u00e9actions enfantines quand on laisse \u00e0 celles-ci pleine libert\u00e9 de s&rsquo;exprimer, dans les jeux par exemple \u00bb (notice autobiographique).<\/p>\n<p>Pour\u00a0\u00a0situer William Golding rappelons qu\u2019il est n\u00e9 en Cornouailles, en 1911. Il a fait ses \u00e9tudes \u00e0 Marlborough, puis \u00e0 Oxford. En 1940, Il se marie, (deviendra p\u00e8re de deux enfants) et\u00a0s&rsquo;engage dans la Royal Navy. Il navigue durant cinq ans, et, finalement, participe aux op\u00e9rations de d\u00e9barquement en France. D\u00e9mobilis\u00e9 en 1945, il obtient un poste de professeur \u00e0 Salisbury et commence \u00e0 publier ses \u00e9crits. Il sera Prix Nobel de litt\u00e9rature en 1983.Lord of the Flies , 1954 (Sa Majest\u00e9 des mouches ) est son premier roman, d\u2019abord refus\u00e9 par de\u00a0nombreux \u00e9diteurs, mais il lui valut rapidement un succ\u00e8s international et fut port\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran par Peter Brook dans un film fid\u00e8le et magnifique en 1963.<\/p>\n<p>Si le r\u00e9cit commence comme un simple roman d\u2019aventures, l\u2019\u0153uvre, au plan all\u00e9gorique, est fort complexe: au d\u00e9but la beaut\u00e9 de la nature est en harmonie avec l\u2019innocence qui r\u00e8gne au c\u0153ur des enfants. Puis peu \u00e0 peu\u00a0s\u2019installe une dissonance entre la splendeur de l\u2019\u00eele et la cruaut\u00e9 des enfants. En effet ceux-ci perdent leur innocence et deviennent des sauvages dont la violence et l\u2019agressivit\u00e9\u00a0transforment le r\u00eave paradisiaque en cauchemar ; le mal est au c\u0153ur de l\u2019homme, il n\u2019est que le produit naturel de la conscience des enfants et si la bont\u00e9 existe, la nature profonde de\u00a0l\u2019homme n\u2019a de cesse de la mettre en \u00e9chec.\u00a0<br \/>W.Golding a une vision pessimiste de l\u2019homme, presque d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, qui sert de fil directeur \u00e0 l\u2019ensemble de son \u0153uvre. C\u2019est un moraliste qui utilise l\u2019all\u00e9gorie et la m\u00e9taphore pour\u00a0montrer, au fil de ses romans, la chute de l\u2019homme et le triomphe du Mal.\u00a0<br \/>La philosophie de Golding, par certains c\u00f4t\u00e9s ressemble \u00e0 la vision de Freud apr\u00e8s l\u2019introduction de la pulsion de mort (1921). Celle-ci agit au c\u0153ur de l\u2019homme. L&rsquo;ennemi n&rsquo;est\u00a0pas au-dehors, mais en dedans. S.Freud ne dit\u2013il pas que \u00ab chaque individu est virtuellement un ennemi de la civilisation \u00bb. Leurs conceptions de l\u2019\u00e9volution de la civilisation sont aussi\u00a0pessimistes l\u2019une que l\u2019autre, que ce soit S.Freud dans \u00ab Malaise dans la civilisation \u00bb (1929) et dans \u00ab Pourquoi la guerre ? \u00bb (1933) ou W.Golding, dans \u00ab Les H\u00e9ritiers \u00bb (1960), qui\u00a0conteste que l\u2019\u00e9volution soit synonyme de progr\u00e8s ; pour lui ce n\u2019est qu\u2019un mythe qui a \u00e9chou\u00e9 et n\u2019a amen\u00e9 que le retour du mal et de la culpabilit\u00e9 universelle.\u00a0<br \/>Nous allons donc consid\u00e9rer ce texte, en laissant de c\u00f4t\u00e9 sa port\u00e9e philosophique, comme un document clinique sur les groupes naturels \u00e0 la latence que nous commenterons en nous\u00a0appuyant sur ce que nous connaissons des ph\u00e9nom\u00e8nes qui apparaissent dans les groupes th\u00e9rapeutiques. Pour valider cette position, nous ferons remarquer que les descriptions de\u00a0W.Golding sont non seulement proches de ce que nous rencontrons dans nos groupes mais proches, aussi des (rares) documents que nous poss\u00e9dons sur les groupes naturels .<\/p>\n<p>LES MOUVEMENTS GROUPAUX\u00a0<br \/>Personnages principaux : Ralph qui sera \u00e9lu chef (enfant raisonnable en g\u00e9n\u00e9ral et porteur des valeurs sociales), Porcinet son ami qui repr\u00e9sente l\u2019intellectuel maladroit (bouc \u00e9missaire, il\u00a0incarne la connaissance), Simon le petit gar\u00e7on r\u00eaveur qui d\u00e9tient la v\u00e9rit\u00e9 (sur le monstre et le c\u0153ur humain) et Jack (le pulsionnel), chef de la horde en rivalit\u00e9 avec Ralph.<\/p>\n<p>&#8211; Recherche de rep\u00e8res spaciaux\u00a0\u00a0<br \/>*L\u2019\u00eele est un peu le prototype des groupes ferm\u00e9s, isol\u00e9s de l\u2019ext\u00e9rieur mais o\u00f9 il est possible de vivre et de s\u2019organiser. Dans le roman il y a le sentiment de constituer ce groupe hors d\u2019un\u00a0onde inqui\u00e9tant (menace\u00a0\u00a0de bombe atomique) : \u00ab On est chez nous \u00bb, \u00ab Le m\u00eame sentiment\u00a0\u00a0\u00a0les enivrait les liait : ils \u00e9taient amis \u00bb(36), \u00ab C\u2019est beau cette \u00eele \u00bb\u2026 et ils pensent \u00e0 une l\u2019\u00eele aux tr\u00e9sors\u2026 Mais cet espoir mis dans le groupe est rapidement confront\u00e9 \u00e0 des inqui\u00e9tudes\u00a0diverses :\u00a0C\u2019est d\u2019abord la question :\u00ab qu\u2019est-ce qui nous a assembl\u00e9s \u00bb ici (\u00ab on a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9s ! \u00bb) et puis l\u2019absence d\u2019adulte. Ainsi dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du livre toutes les dix pages un enfant\u00a0demande \u00ab Il n\u2019y a pas de grande personne ? \u00bb<\/p>\n<p>*Ils organisent alors l\u2019exploration physique des lieux : c\u2019est bien une \u00eele, ils en font le tour, parcourent les for\u00eats profondes, les pics, les espaces c\u00f4tiers\u2026<br \/>Plus ils cherchent \u00e0 ressentir les lieux physiquement et sensoriellement ; ainsi ils se d\u00e9shabillent, marchent pieds nus, se baignent, se jettent de l\u2019eau\u2026\u00a0<br \/>Ils font rouler une pierre \u00e9norme \u00ab alors la for\u00eat fr\u00e9mit, comme d\u00e9chir\u00e9e par le passage d\u2019un monstre enrag\u00e9e ; puis ce fut le silence\u2026Ils mirent plus de cinq minutes \u00e0 s\u2019arracher au\u00a0spectacle de leur triomphe&#8230;\u00bb, Il y a l\u00e0 une tentative d\u2019emprise sur le cadre.<\/p>\n<p>* Ils sont alors tr\u00e8s pr\u00e9occup\u00e9s par leur nom, et ils mettent en place un travail d\u2019identification : \u00ab comment t\u2019appelles-tu ? \u00bb, \u00ab Il faudrait savoir leur nom \u00bb, \u00ab Porcinet\u00a0circulait entre les gar\u00e7ons et demandait leur nom\u2026Rel\u00e8ve le nom des autres, c\u2019est ton travail\u2026 \u00bb\u00a0<br \/>Les premi\u00e8res difficult\u00e9s de l\u2019identification des enfants sont introduit par la confusion qu\u2019engendre la g\u00e9mellit\u00e9 (incertitude du nom des jumeaux).<\/p>\n<p>* Parall\u00e8lement les enfants cherchent \u00e0 s\u2019organiser \u00e0 partir du mod\u00e8le social qu\u2019ils connaissent et ceci aux travers les diff\u00e9rents signes qui organisent symboliquement la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>-\u00ab On aura des r\u00e8glements, des tas de r\u00e8glements et alors ceux qui d\u00e9sob\u00e9iront\u2026 \u00bb\u00a0Arriv\u00e9e de la ma\u00eetrise en uniforme et marchant au pas avec chef (Jack)\u2026\u00a0<br \/>-Utilisation de la conque pour prendre la parole (emp\u00eache l\u2019association libre, l\u2019anonymat et donc la r\u00e9gression)<br \/>\u00a0-d\u00e9signation d\u2019un chef par vote d\u00e9mocratique \u2026\u00a0<br \/>Mais comme dans les premi\u00e8res s\u00e9ances, la pulsionnalit\u00e9 est activ\u00e9e \u00e0 certains moments puis suspendue (par exemple , un enfant voit un cochonnet prisonnier de lianes, il sort son couteau\u00a0\u00a0<br \/>mais interrompt son geste meurtrier) puis les enfants de la ma\u00eetrise se d\u00e9shabillent (enl\u00e8vent les signes de reconnaissance sociale) et deviennent des chasseurs (retour \u00e0 la pulsionnalit\u00e9\u00a0pour W.Golding).<\/p>\n<p>Dans les groupes th\u00e9rapeutiques, de la m\u00eame fa\u00e7on, les enfants abordent souvent le groupe en essayant de l\u2019identifier \u00e0 des groupes qu\u2019ils ont d\u00e9j\u00e0 exp\u00e9riment\u00e9s comme la famille ou\u00a0l\u2019\u00e9cole. Ils attendent que l\u2019adulte organise et structure le groupe mais aussi qu\u2019il soit en mesure de les prot\u00e9ger des angoisses g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par le groupe et par les r\u00e9gressions.\u00a0<br \/>Ainsi, d\u00e8s le d\u00e9but les enfants recherchent l\u2019adulte ; ils s\u2019adressent au th\u00e9rapeute et posent des questions sur ses capacit\u00e9s \u00e0 contenir le groupe et \u00e0 maintenir le cadre, sur le nombre de\u00a0participants, sur la dur\u00e9e des s\u00e9ances et du groupe, mais aussi sur l&rsquo;environnement, le r\u00f4le de l&rsquo;institution et des parents. Puis les enfants, comme ceux de Golding explorent l\u2019espace\u00a0physique : ainsi ils font des remarques sur la pi\u00e8ce, ils peuvent agresser les murs ou les caresser, se rouler par terre ou sonder le plancher\u2026.\u00a0<br \/>Ce qui sera alors d\u00e9terminant, c\u2019est cette confiance dans le th\u00e9rapeute, et dans la solidit\u00e9 du cadre physique qui restera constante pendant toute la dur\u00e9e du groupe, ultime recours quelles\u00a0que soient les angoisses qui \u00e9mergent dans le groupe.\u00a0<br \/>D&#8217;embl\u00e9e, chacun se sent menac\u00e9, non seulement par la perte de son individualit\u00e9 mais aussi par la crainte d\u2019un d\u00e9bordement pulsionnel. Le groupe est ainsi per\u00e7u comme inqui\u00e9tant dans\u00a0son organisation et dans son absence de limites.\u00a0<br \/>Cette crainte de d\u00e9bordement due \u00e0 l&rsquo;absence de limites s&rsquo;exprime d\u00e8s les premi\u00e8res s\u00e9ances quand les enfants \u00e9voquent des personnages ou des monstres inqui\u00e9tants qui ne peuvent plus\u00a0contenir leur force. La solution vient du th\u00e9rapeute sur lequel est projet\u00e9e cette pulsionnalit\u00e9, ainsi le th\u00e9rapeute peut est identifi\u00e9 au monstre \u00e9voqu\u00e9, il est alors cens\u00e9 pouvoir contenir\u00a0toute cette force pulsionnelle.<\/p>\n<p>&#8211;\u00a0<strong>Les angoisses archa\u00efques<\/strong>\u00a0<br \/>Apr\u00e8s un petit moment maniaque (\u00ab on est bien ensemble\u2026 on va bien s\u2019amuser ici\u2026L\u2019\u00eele est \u00e0 nous, elle est vraiment sympa\u2026), par la voix du plus jeune (et un peu fou) l\u2019angoisse et\u00a0\u00a0la peur s\u2019installent par l\u2019\u00e9vocation de la b\u00eate, une esp\u00e8ce de serpent, qui, ne sort que dans le noir, elle mange\u2026Monstre inqui\u00e9tant (partie enfantile), les petits font des cauchemars toutes\u00a0les nuits , \u00ab ils appellent les parents \u00bb\u2026 Ils d\u00e9cident alors de faire un feu pour demander de l\u2019aide \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur\u00a0.\u00a0<br \/>On assiste alors \u00e0 une d\u00e9sorganisation et une r\u00e9gression individuelles et groupales qui engendrent des angoisses et des fantasmes archa\u00efques.\u00a0<br \/>D\u2019abord, il y a l\u2019attaque des r\u00e8gles, l\u2019abandon de la conque, l\u2019instauration de la loi du plus fort (\u00e0 la place de la d\u00e9mocratie) On assiste alors \u00e0 l&rsquo;\u2019inversion des tentatives d\u2019organisationsd\u00e9crites plus haut et \u00e0 un glissement peu \u00e0 peu vers la r\u00e9gression m\u00eame si dans ces moments, pour emp\u00eacher cette r\u00e9gression groupale que les th\u00e9rapeutes connaissent bien, un deux dit :\u00ab il faut noter les noms, il faut noter les noms \u00bb. Les enfants \u00e9voquent plusieurs types d\u2019angoisses :\u00a0\u00a0<br \/>-annihilation : ils craignent que le feu (pulsion) vienne d\u00e9truire compl\u00e8tement l\u2019\u00eele (destruction de l\u2019espace).\u00a0<br \/>&#8211; pers\u00e9cution : il y aurait des enfants qui dispara\u00eetraient &#8211; terreur nocturne des plus jeunes.\u00a0<br \/>Dans ce moment, les r\u00e9actions de d\u00e9fense consistent \u00e0 construire une cabane pour cr\u00e9er des enveloppes s\u00e9curisantes\u00a0.\u00a0L\u2019indiff\u00e9renciation et la perte d\u2019identit\u00e9 s\u2019installent ; ils se peignent le corps et le visage et ils sont difficiles \u00e0 reconna\u00eetre\u00a0 \u00ab Jack essaya un nouveau maquillage. Il peignit en blanc\u00a0une joue et le tour d\u2019un \u0153il\u2026Jack, stup\u00e9fait, regarda un reflet qui n\u2019\u00e9tait plus le sien, mais celui d\u2019un inconnu terrible\u2026 \u00bb\u00a0.\u00a0\u00a0<br \/>Parall\u00e8lement, il y a un vacillement du surmoi (d\u00e9but de dissolution) : \u00ab Roger pi\u00e9tina expr\u00e8s les ch\u00e2teaux de sable, \u00e9crasant les fleurs \u2026 Maurice le suivit et augmenta le d\u00e9sastre\u2026 \u00bb,Roger lance des galets vers un petit de fa\u00e7on r\u00e9p\u00e9titive mais sans le toucher : \u00ab L\u00e0, invisible mais puissant\u2026 planait encore la protestation des parents, de l\u2019\u00e9cole, du gendarme et de la loi\u00a0 \u00bb\u00a0<br \/>Dans ce moment de d\u00e9sorganisation-r\u00e9gression le groupe devient autarcique c\u2019est \u00e0 dire qu\u2019il ne se centre que sur lui-m\u00eame, il y a abandon du feu qui doit signaler la pr\u00e9sence au monde\u00a0ext\u00e9rieur, puis l\u2019excitation monte avec la pulsion d\u00e9brid\u00e9e dans le plaisir de la chasse et de tuer les animaux : \u00ab A mort le cochon, \u00e9gorger le cochon que le sang coule\u2026 \u00a0\u00bb Ainsi,peu \u00e0 peu le groupe se transforme en horde. Mais le sang des animaux n\u2019est pas suffisant\u2026 et Porcinet est frapp\u00e9 et maltrait\u00e9 (on lui casse ses lunettes), il entre dans son r\u00f4le de bouc\u00a0\u00e9missaire.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, le parall\u00e9lisme avec nos groupes est saisissant : apr\u00e8s une premi\u00e8re p\u00e9riode o\u00f9 le contenant physique est explor\u00e9 et \u00e9prouv\u00e9, les enfants dans un chaos inqui\u00e9tant utilisent cette\u00a0enveloppe commune pour unifier le groupe qui peut se laisser aller alors \u00e0 de grandes r\u00e9gressions, amplifiant le ph\u00e9nom\u00e8ne de d\u00e9sindividualisation au profit de la constitution de\u00a0l&rsquo;identit\u00e9 groupale. Cette p\u00e9riode initiale est tr\u00e8s angoissante car le groupe est travers\u00e9 par des fantasmes archa\u00efques de vide, de morcellement et de pers\u00e9cution diffuse.\u00a0\u00a0C&rsquo;est \u00e0 ce moment o\u00f9 face \u00e0 ces r\u00e9gressions, ils craignent, que le risque d&rsquo;indiff\u00e9renciation ne soit pas contenu par une enveloppe assez solide. Ils imaginent que les conflits internes\u00a0pourraient faire \u00e9clater le groupe, et ils mettent \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve aussi bien le contenant physique que les capacit\u00e9s contenantes du th\u00e9rapeute.\u00a0Ces angoisses sont en lien avec le risque de la perte identitaire, ainsi ils deviennent muets, ils font semblant de s\u2019effacer la t\u00eate les uns des autres, il peuvent se barbouiller de craie\u2026 Par\u00a0exemple \u00e0 la fin de la s\u00e9ance d\u2019un groupe, un peu embrouill\u00e9, le th\u00e9rapeute leur demande leur pr\u00e9nom ; les enfants n\u2019arrivent pas \u00e0 r\u00e9pondre imm\u00e9diatement et inquiets, ils voudront appeler\u00a0\u00e0 l&rsquo;aide les parents qui sont dans la salle d\u2019attente.\u00a0<\/p>\n<p><strong>&#8211; Le bouc \u00e9missaire\u00a0<\/strong>Le monstre et la projection des angoisses obscures.Dans le roman, la b\u00eate, le monstre devient de plus en plus pr\u00e9gnant comme indispensable \u00e0 l\u2019unification du groupe mais aussi comme pers\u00e9cuteur externe. Les cauchemars et l\u2019angoisse\u00a0augmentent encore, les enfants voient de choses \u00e9normes et \u00e9pouvantables qui se battent dans les arbres, ils inventent des histoires terribles \u2026Le r\u00e8glement lui, n\u2019est plus du tout respect\u00e9 :\u00a0\u00bb La barbe pour le r\u00e8glement\u00a0\u00ab\u00a0.Il n\u2019y a pas seulement recherche d\u2019un bouc \u00e9missaire externe mais depuis le d\u00e9but, Porcinet est d\u00e9sign\u00e9 comme bouc \u00e9missaire potentiel. Cette place se pr\u00e9cise, comme d\u00e9placement du\u00a0chef contest\u00e9 car ce dernier emp\u00eache la r\u00e9gression. Porcinet le pressent quand il fait remarquer \u00e0 Ralph : \u00ab Il ne peut rien te faire \u00e0 toi, mais si tu laisses la voie libre, il tombera\u00a0sur quelqu\u2019un d\u2019autre. Et ce sera moi. \u00bb Mais la peur du monstre engendre des angoisses archa\u00efques qui demandent une victime sacrificielle \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du groupe (d\u00e9but de\u00a0bagarre avec lynchage) avec les pr\u00e9misses de la scission du groupe\u00a0.<\/p>\n<p>Dans les groupes, le bouc \u00e9missaire est un m\u00e9canisme bien connu. Les membres du groupe cherchent \u00e0 expulser les \u00ab\u00a0mauvais objets\u00a0\u00bb ou plus exactement, ce qui g\u00e9n\u00e8re une tension trop\u00a0conflictuelle et chaotique.La r\u00e9gression en groupe, en mobilisant les diff\u00e9rentes instances psychiques, va susciter de l&rsquo;excitation, car les \u00e9mergences pulsionnelles se heurtent aux exigences surmo\u00efques. Comme pour prot\u00e9ger le groupe, les enfants vont amorcer une tentative d&rsquo;expulsion de ce qui peut g\u00e9n\u00e9rer des conflits ou tensions internes mais aussi des mauvais objets pers\u00e9cuteurs\u00a0 . A partir\u00a0de ce moment, ils se mettent en qu\u00eate d&rsquo;un bouc \u00e9missaire qui puisse contenir ces mauvaises pens\u00e9es. Le bouc \u00e9missaire est d&rsquo;abord exclu du groupe, c&rsquo;est le moment o\u00f9 les enfants le\u00a0laissent seul ; il devient alors rapidement le lieu de projection de tout ce qui les embarrasse.\u00a0\u00a0On pourrait dire finalement que le groupe se cr\u00e9e et renforce sa coh\u00e9sion au d\u00e9triment d&rsquo;un de ses membres qui deviendra un peu son n\u00e9gatif, porteur momentan\u00e9 de toutes les difficult\u00e9s\u00a0du groupe.\u00a0<br \/>Le ph\u00e9nom\u00e8ne du bouc \u00e9missaire configure l&rsquo;organisation la plus rudimentaire du groupe, donc la plus simple, qui fait passer d&rsquo;un \u00e9tat fusionnel et indiff\u00e9renci\u00e9 \u00e0 une fonction de tri par\u00a0clivage, entre le bon et le mauvais. Le bouc \u00e9missaire est alors dans une position paradoxale. En effet, il est dans le groupe, car n\u00e9cessaire \u00e0 sa premi\u00e8re organisation, et hors du groupe comme support des projections de ce dernier. Organisateur du groupe, il en marque aussi l&rsquo;enveloppe et la limite.\u00a0\u00a0<br \/>Le th\u00e9rapeute, apr\u00e8s avoir assum\u00e9 la pulsionnalit\u00e9 du groupe, doit pouvoir contenir les mauvais objets projet\u00e9s sur lui (mais aussi d\u2019assumer des liens par identification projective\u00a0qui ont pour fonction de ma\u00eetriser sa dangerosit\u00e9) et ainsi prendre la fonction du bouc \u00e9missaire (J-B. Chapelier et C. Neuville, 1989)\u00a0\u00a0<br \/>Dans cette p\u00e9riode pers\u00e9cutive, l\u2019ensemble des associations renvoie \u00e0 la s\u00e9paration, \u00e0 la perte d&rsquo;amour, mais aussi \u00e0 la culpabilit\u00e9. Tout se passe comme si le groupe ne pouvait assumer ses\u00a0pulsions destructrices sans risquer d&rsquo;\u00eatre d\u00e9truit. Et c\u2019est ce qui va se passer dans ce groupe sans th\u00e9rapeute.\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u2013 F\u00eate maniaque et illusion groupale\u00a0<\/strong><br \/>La f\u00eate maniaque rassemble l\u2019ensemble du groupe : \u00abSous la menace du ciel,\u00a0Porcinet trouvaient du r\u00e9confort dans la compagnie de leurs semblables, si d\u00e9cha\u00een\u00e9s fussent-ils, et ils entr\u00e8rent dans la danse. Ils \u00e9taient contents de toucher cette barri\u00e8re de dos bruns qui endiguait la terreur et la rendait contr\u00f4lable \u00bb.\u00a0<br \/>Puis c\u2019est le sacrifice de l\u2019enfant qui vient annoncer l\u2019inexistence du monstre, celui-l\u00e0 m\u00eame qui permettait la coh\u00e9sion du groupe. Excitation maniaque, d\u00e9cha\u00eenement pulsionnel, qui ne\u00a0peut plus \u00eatre contr\u00f4l\u00e9 par aucune raison\u2026Simon sera sacrifi\u00e9 a la place du monstre rassembleur, porteur de leurs projections.\u00a0<br \/>-\u00ab A mort la b\u00eate! Qu&rsquo;on l&rsquo;\u00e9gorge! Qu&rsquo;on le saigne! Qu&rsquo;on l&rsquo;ach\u00e8ve!\u00a0Les b\u00e2tons s&rsquo;abaiss\u00e8rent et le cercle se referma comme une gueule grin\u00e7ante et hurlante. Le\u00a0monstre \u00e9tait au centre, agenouill\u00e9, les bras crois\u00e9s sur le visage, et il criait toujours ses explications au sujet d&rsquo;un mort sur une montagne. Enfin, le monstre fit un effort, vacillant,brisa l&rsquo;\u00e9treinte du cercle et tomba du rocher dans le sable au bord de l&rsquo;eau. Aussit\u00f4t, une lave vivante coula \u00e0 sa suite sur la murette rocheuse, recouvrit le monstre et, avec des cris\u00a0inarticul\u00e9s, se mit \u00e0 frapper, \u00e0 mordre, \u00e0 d\u00e9chirer. On n&rsquo;entendait pas un mot, mais des bruits de m\u00e2choires et de griffes \u00bb.<\/p>\n<p>Le groupe acc\u00e8de alors \u00e0 une phase o\u00f9 tous les membres sont associ\u00e9s \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 groupale. Dans un moment d&rsquo;illusion, les membres du groupe nient toute diff\u00e9rence, tant au niveau des sexes\u00a0que des g\u00e9n\u00e9rations, on assiste alors \u00e0 une r\u00e9gression vers un fantasme groupal omnipotent qui renvoie \u00e0 la m\u00e9galomanie narcissique, le groupe devient alors l&rsquo;objet libidinal principal.\u00a0<br \/>Dans les groupes th\u00e9rapeutiques, c\u2019est le th\u00e9rapeute qui devient le bouc \u00e9missaire ; par cette fonction il permet le renforcement de l\u2019unit\u00e9 du groupe des enfants en opposition \u00e0 lui. Et surtout il transforme le objets inqui\u00e9tants projet\u00e9s sur lui, par son travail psychique.<\/p>\n<p><strong>&#8211; Le sacrifice<\/strong>\u00a0<br \/>Or, en l\u2019absence d\u2019adulte (th\u00e9rapeute) la fonction du bouc \u00e9missaire va se chroniciser, le sacrifice originaire (qui rassemble le groupe dans son entier pour la premi\u00e8re fois) devant se\u00a0\u00a0<br \/>reproduire sans fin pour conserver la coh\u00e9rence du groupe\u2026Le bouc \u00e9missaire (constitutif du groupe) se transforme en victime sacrificielle (sacrifice qui sauvegarde le groupe) \u00ab Nous y \u00e9tions tous \u00bb . La f\u00eate maniaque ne rassure pas car comme le disent les enfants des groupes \u00ab on va devenir fou \u00bb : \u00ab si on ne revient pas chez nous on va devenir toqu\u00e9,\u00a0sinoques, timbres, loufoques\u2026 et il y a un dernier appel aux adultes \u00ab \u00e9cris donc une lettre \u00e0 ta tante\u2026 \u00bb.Mais le groupe est dans l\u2019incapacit\u00e9 de renoncer \u00e0 sa pulsionnalit\u00e9 et \u00e0 l\u2019indiff\u00e9renciation. On assiste alors \u00e0 un appel au bouc \u00e9missaire, ce sera Porcinet, qui est dans ce r\u00f4le depuis le\u00a0d\u00e9but, il sera tu\u00e9 par des rochers lanc\u00e9s sur lui. Les lunettes de la connaissance et la conque de la sagesse disparaissent avec lui. Puis ce sera le tour de Ralph\u2026<\/p>\n<p>\u00a0Dans cette p\u00e9riode\u00a0, on assiste en m\u00eame temps:\u00a0<br \/>\u00a0-au sacrifice de la pens\u00e9e: la pens\u00e9e et la v\u00e9rit\u00e9 sont des valeurs pers\u00e9cutrices. Le sacrifice de Simon c&rsquo;est celui de la v\u00e9rit\u00e9 sur l&rsquo;objet(imaginaire) pers\u00e9cuteur qui rassemble le groupe.<br \/>-Au sacrifice de la connaissance de la culture et de la raison (vol des lunettes et destruction de la conque)\u00a0.\u00a0\u00a0<br \/>\u00a0Derri\u00e8re ces deux sacrifices, ce sont les processus de pens\u00e9e et des m\u00e9diations du Moi qui sont attaqu\u00e9s, pour tout dire les acquis fragiles de la latence. Pour paraphraser D.W.Winnicott, on pourrait dire que le moi abandonne son domaine (\u00ab le moi prend possession de son domaine \u00bb (1958,\u00a0)\u00a0\u00a0<br \/>Le groupe n\u2019arrive pas \u00e0 s\u2019organiser sur un mode \u0153dipien (contrairement \u00e0 nos groupes th\u00e9rapeutiques), submerg\u00e9 par l\u2019excitation, la violence et les pulsions. Constitu\u00e9 par le\u00a0sacrifice humain, ce groupe semble en demander sans cesse d\u2019autres pour survivre \u2026.. jusqu\u2019au retour des adultes d\u00e9crits comme des surmoi \u0153dipiens (officier de la marine avec\u00a0tous ses attributs de l\u2019autorit\u00e9 (\u00ab uniforme blanc, les \u00e9paulettes, le r\u00e9volver, la rang\u00e9e de boutons dor\u00e9s sur la vareuse\u2026 \u00bb) Aussit\u00f4t les enfants retrouvent le calme, la civilisation et leur innocence, reste l\u2019\u00eele ravag\u00e9e par le feu\u2026 Jack redevient poli et Ralph \u00ab pour la premi\u00e8re fois depuis leur arriv\u00e9e dans l\u2019\u00eele\u00a0s\u2019abandonnait au chagrin\u2026 \u00bb<br \/>\u00ab\u00a0<em><strong>Vous jouiez \u00e0 la guerre ?<\/strong><\/em>\u00a0\u00bb dit l\u2019officier (th\u00e9rapeute) r\u00e9introduisant le faire semblant et le jeu\u2026. FIN du roman<\/p>\n<p><strong>L\u2019IMPOSSIBLE SOCIETE D\u2019ENFANTS<\/strong><\/p>\n<p>&#8211;\u00a0<strong><em>\u0152dipe organisateur dans les groupes d\u2019enfants avec adulte\u00a0<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>la diff\u00e9rence des g\u00e9n\u00e9rations induite par la pr\u00e9sence du th\u00e9rapeute et repr\u00e9sent\u00e9e par une toute puissance phallique r\u00e9introduit de fa\u00e7on violente la n\u00e9cessit\u00e9 de diff\u00e9renciation et par cons\u00e9quence une probl\u00e9matique de castration. Cette p\u00e9riode de d\u00e9pression et de d\u00e9sillusion (abandon de la toute puissance phallique) va s\u2019ouvrir sur une \u00e9laboration \u0153dipienne incluant\u00a0de nombreux fantasmes de castration (p\u00e8re castrateur) mais surtout de sc\u00e8ne primitive (au moment des s\u00e9parations v\u00e9cues dans le transfert), avec le retour de th\u00e8mes de rivalit\u00e9 entre les\u00a0enfants (savoir qui est le meilleur en sport ou en classe\u2026), mais aussi des questionnements sur les diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations (m\u00e9tier des grands parents, par exemple)&#8230; Cette \u00e9laboration\u00a0\u0153dipienne qui pour l&rsquo;enfant \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de la latence permet des remaniements instanciels en particulier au niveau du Surmoi, va engendrer un fonctionnement moins r\u00e9gressif avec\u00a0l\u2019apparition de dessins plus d\u00e9fendus (avions, voitures..) et d\u2019une activit\u00e9 propre \u00e0 la latence. Vers la fin du groupe les enfants peuvent s\u2019exprimer par l\u2019interm\u00e9diaire de v\u00e9ritables \u0153uvres\u00a0d\u2019art (recherche de l\u2019esth\u00e9tique au d\u00e9triment du contenu). Par l&rsquo;\u00e9tayage narcissique, le groupe arrive ainsi \u00e0 compenser les atteintes narcissiques li\u00e9es \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation des d\u00e9sirs \u0153dipiens\u00a0impossibles.\u00a0<br \/>La castration est sans doute le th\u00e8me dominant : le th\u00e9rapeute n\u2019est plus fantasm\u00e9 comme tout-puissant, et par l\u00e0 m\u00eame, il devient accessible en tant qu&rsquo;adulte permettant un r\u00e9am\u00e9nagement\u00a0des identifications. Mais, en m\u00eame temps, ce mouvement permet aux enfants d\u2019assumer cette place d\u2019enfant d\u00e9pendant et impuissant.<\/p>\n<p>En reprenant la th\u00e9orie de la latence chez S. Freud le \u00ab courant tendre\u00bb post-\u0153dipien est de nature narcissique, il r\u00e9sulte d&rsquo;un travail de d\u00e9sexualisation. Nous avons vu que le groupe qui\u00a0permet les gratifications narcissiques a une fonction-relais permettant dans un second temps que le th\u00e9rapeute, en reprenant sa place d&rsquo;adulte reconnu, puisse instaurer un lien d\u00e9sexualis\u00e9. A partir d\u2019une r\u00e9gression originaire, le groupe dans son ensemble s\u2019organise autour de la relation \u00e0 l\u2019adulte, calquant une organisation familiale. Parall\u00e8lement on constate le maintien\u00a0d\u2019une pr\u00e9occupation pour la sc\u00e8ne primitive comme \u00e9tant \u00e0 l\u2019origine du groupe (plus ou moins archa\u00efque). A partir de cette matrice r\u00e9gressive contenante, le groupe se structure\u00a0d\u00e9sormais autour de la sc\u00e8ne primitive et de l\u2019\u0153dipe. L\u2019illusion groupale renforce les assises narcissiques, mais cette p\u00e9riode reste tr\u00e8s courte chez les enfants de cet \u00e2ge (sauf \u00e0 \u00eatre\u00a0entretenue par le th\u00e9rapeute ). Il est possible en effet de penser que c\u2019est la pr\u00e9sence de l\u2019adulte qui renvoie l\u2019enfant \u00e0 la castration et \u00e0 l\u2019abandon de la position phallique au profit du\u00a0d\u00e9sinvestissement libidinal . Ce qui semble n\u00e9anmoins le plus actif, c\u2019est l\u2019utilisation d\u2019organisateurs groupaux internes qui s\u2019appuient sur le mod\u00e8le familial de la diff\u00e9renciation.\u00a0<br \/>Dans ces groupes, les enfants se mesurent \u00e0 la toute puissance de l\u2019adulte, mais celle-ci n\u2019est jamais d\u00e9ni\u00e9e : ils cherchent plut\u00f4t \u00e0 la contourner. Quelque soit la p\u00e9riode du groupe, ils s&rsquo;appuient toujours sur le th\u00e9rapeute dans une position de d\u00e9pendance. Comme dans la famille, sauf au moment de l\u2019illusion groupale, la rivalit\u00e9 entre les enfants reste tr\u00e8s\u00a0importante, tr\u00e8s violente au d\u00e9but du groupe (quelquefois ils deviennent m\u00eame tr\u00e8s sauvages entre eux comme dans le livre de W.Golding) et plus symbolis\u00e9e \u00e0 la fin.\u00a0<br \/>Les groupes attaquent le processus de latence par la lev\u00e9e du refoulement, le remaniement identificatoire, la remise en question indentitaire et la lib\u00e9ration pulsionnelle. La toute\u00a0puissance groupale peut venir compenser la fragilit\u00e9 narcissique. Mais pour que cette r\u00e9gression puisse s\u2019effectuer sans d\u00e9rive destructrice et que le processus de latence puisse se\u00a0remettre en place, la pr\u00e9sence d\u2019un adulte contenant est n\u00e9cessaire. Sinon comme dans le roman de W.Golding, le groupe peut se laisser aller \u00e0 des explosions pulsionnelles sans\u00a0limites et r\u00e9p\u00e9titive ou au mieux peut se chroniciser dans un fonctionnement avec un bouc \u00e9missaire permanent.\u00a0<br \/>Avec le roman de W.Golding et les observations sur les groupes th\u00e9rapeutiques nous sommes loin de l\u2019id\u00e9alisation de l\u2019\u00e9colier de l\u2019\u00e2ge de la latence, cet \u00ab enfant de la civilisation porteur\u00a0des espoirs et du progr\u00e8s \u00bb, cette peinture d\u2019un \u00ab enfant bien adapt\u00e9, heureux de sa place dans le monde, dont l\u2019\u00e9nergie est tendue vers les apprentissages et la socialisation \u00bb, (comme le\u00a0souligne ironiquement C.Arbisio, 1997). Il fait place \u00e0 un enfant fragile et vuln\u00e9rable dont la sociabilit\u00e9 ne peut s\u2019exprimer que sous la contrainte de l\u2019adulte.\u00a0\u00a0<br \/>Ce besoin d\u2019\u00e9tayage sur l\u2019environnement social et familial et le fait que le groupe attaque les processus de latence expliquent peut \u00eatre quelquefois les d\u00e9bordements violents aux quels\u00a0sont soumis les groupes th\u00e9rapeutiques (qui utilisent la r\u00e9gression) que les th\u00e9rapeutes ne peuvent plus contenir.<\/p>\n<p><strong><em>-Groupe d\u2019adolescent et auto-engendrement\u00a0<\/em><\/strong>\u00a0<br \/>Chez l\u2019adolescent les groupes d\u2019organisent autrement. L\u2019enfant utilise une groupalit\u00e9 interne construite autour du groupe familial alors que l\u2019adolescent devra r\u00e9organiser cette groupalit\u00e9 en renfor\u00e7ant le p\u00f4le fantasmatique des groupes internes (le p\u00f4le idiosyncrasique) d\u2019un c\u00f4t\u00e9, et en y int\u00e9grant des formes plus sociales de l\u2019autre. L\u2019adolescent est donc confront\u00e9 \u00e0 un\u00a0r\u00e9am\u00e9nagement n\u00e9cessaire de ses groupes internes, \u00e0 partir des fantasmes originaires remani\u00e9s par la pubert\u00e9, et en particulier du fantasme de sc\u00e8ne primitive qui sera remplac\u00e9 par ce que P.Gutton appelle la sc\u00e8ne pubertaire (sc\u00e8ne o\u00f9 l\u2019adolescent prend une part active). Apr\u00e8s un passage transitoire par le fantasme d\u2019auto-engendrement, l\u2019adolescent peut sans danger se\u00a0\u00a0repr\u00e9senter dans une sc\u00e8ne sexuelle homo-g\u00e9n\u00e9rationnelle (J-B. Chapelier, 2000). Ce\u00a0\u00a0changement fait \u00e9clater la position de la famille infantile qui n\u2019est plus un groupe d\u2019\u00e9tayage (car devenu dangereux du point de vue \u0153dipien) et demande un recours au groupe social ou\u00a0mieux, et \u00e0 titre transitoire, \u00e0 un groupe de pairs plus adapt\u00e9 aux besoins de l\u2019adolescent car fa\u00e7onn\u00e9 par les groupes internes, mis en commun puis partag\u00e9 comme groupe social\u00a0particulier.\u00a0<br \/>Il y a sans doute dans cette transformation interne un des moteurs du passage de la d\u00e9pendance familiale \u00e0 la filiation (reconnaissance de la famille trans-g\u00e9n\u00e9rationnelle) et \u00e0\u00a0l\u2019affiliation (reconnaissance de l\u2019appartenance \u00e0 un groupe social).<\/p>\n<p><strong>Bibliographie<\/strong>\u00a0<br \/>ARBISIO-LESOURD C. 1997.\u00a0<strong>L\u2019enfant de la p\u00e9riode de latence<\/strong>, Paris, Dunod.\u00a0<br \/>\u00a0CHAPELIER J-B .2000. \u00ab\u00a0Emergence et transformation de la groupalit\u00e9 interne \u00e0 l&rsquo;adolescence\u00a0\u00bb dans J-B. CHAPELIER et all,\u00a0<em><strong>Le lien groupal \u00e0 l\u2019adolescence,\u00a0<\/strong><\/em>Paris, Dunod.\u00a0<br \/>CHAPELIER J-B., C. NEUVILLE, 1989. Quelques hypoth\u00e8ses sur le ph\u00e9nom\u00e8ne du bouc \u00e9missaire, dans P.PRIVAT et Coll.<em><strong>\u00a0Les psychoth\u00e9rapies de groupes d&rsquo;enfants au regard de la\u00a0psychanalyse.<\/strong><\/em>\u00a0Paris : Clancier-Guenaud, pp. 94-118.\u00a0<br \/>FREUD S. 1929 &#8211;\u00a0<em><strong>Malaise dans la civilisation<\/strong><\/em>, Paris, PUF, 1971.\u00a0<br \/>FREUD\u00a0S 1933 Pourquoi la guerre? dans\u00a0<em><strong>R\u00e9sultats, id\u00e9es, probl\u00e8mes II\u00a0<\/strong><\/em>,Paris PUF,1985,203-215.<br \/>GOLDING W. 1960.\u00a0<em><strong>Les H\u00e9ritiers,<\/strong><\/em>\u00a0Paris, Gallimard.\u00a0<br \/>GOLDING W. 1956.\u00a0<em><strong>Sa majest\u00e9 des mouches<\/strong><\/em>, Paris, Gallimard (folio), 1987.<br \/>GUTTON P. 1991.\u00a0<em><strong>Le pubertaire<\/strong><\/em>. Paris, PUF.\u00a0<br \/>JOYCE J. Finnegans Wake, Paris, Gallimard, 1980.\u00a0<br \/>NAUGRETTE J-P. 1993.\u00a0<em><strong>Sa Majest\u00e9 des mouches de W. Golding<\/strong><\/em>, Paris, Gallimard (folioth\u00e8que).\u00a0<br \/>PRIVAT P., CHAPELIER J-B. 1987. De la constitution d&rsquo;un espace th\u00e9rapeutique groupal ,\u00a0<em><strong>Revue de Psychoth\u00e9rapie Psychanalytique de Groupe,7-8, 7-28.\u00a0<\/strong><\/em><br \/>WINNICOTT D.W.1958.\u00a0<em><strong>Processus de maturation chez l\u2019enfant<\/strong><\/em>, Paris, Payot (PBP), 1974.\u00a0<\/p>\n<p>DISCUSSION GENERALE<\/p>\n<p>[\/et_pb_text][\/et_pb_column][\/et_pb_row][\/et_pb_section]<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nouvelles de l&rsquo;association Cahiers du CIRPPA Espace membres \u2022 textes Journ\u00e9es d\u2019\u00e9tude \u2013 14-15 d\u00e9cembre 2013 Psychanalyse et groupes d\u2019enfants au cin\u00e9ma Ouverture.\u00a0Jean-Bernard Chapelier\u00a0Peter Pan et les enfants perdus par Annette Fr\u00e9javille et Kathleen Kelley\u00a0\u00a0 Film :\u00a0Peter Pan et les enfants perdus\u00a0de Paul J. Hogan. 2003.\u00a0\u00a0Livre :\u00a0K. Kelley. Peter Pan ou l\u2019enfant triste, Calmann L\u00e9vy,1992.\u00a0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"_et_pb_use_builder":"on","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","footnotes":""},"class_list":["post-707","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/707","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=707"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/707\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":732,"href":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/707\/revisions\/732"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cirppa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=707"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}